Tchaïkovsky concerto pour violon op.35

concerto pour violon en ré majeur Opus 35 de Tchaikovsky (Références médiathèque DT3292 et DT3295).

Elles ont le bon goût d’avoir à peu près le même âge et de posséder deux violons d’exceptions entre leurs mains expertes. Mon oreille de néophyte se fera un plaisir de vous raconter tout ce que leur interprétation respective ont pu susciter de joie et d’émotions. D’un côté nous retiendrons le nom de Julia Fischer et de l’autre celui de Hilary Hahn. L’une servie par l’orchestre national de Russie sous la direction de Yakov Kreizberg et l’autre par l’orchestre philharmonique royal de Liverpool sous la direction de Vasily Petrenko. Pour Julia Fischer un violon du maître-luthier Giovanni Battista Guadagnini de 1750 et pour Hilary Hahn un violon du maître-luthier Jean-Baptiste Vuillaume de 1864.

Voilà pour les noms, passons aux émotions! Avant tout, je dirais qu’il n’y a pas de comparaison qualitative souhaitable. Nous sommes devant deux interprétations différentes, deux lectures de l’oeuvre qui pourraient convenir à telle sensibilité ou à telle autre. Je dirais même que notre état d’esprit, au moment de l’écoute, nuancera inévitablement la qualité finale de ce réseau interprétatif. Il engage l’ensemble de tous les intervenants au sein d’une seule et unique perception de l’oeuvre. C’est-à-dire la nôtre. Se mettre en écoute d’un discours, c’est mettre en jeu la somme de toutes nos expériences sensibles, émotionnelles et intellectuelles pour lui rendre une signification qui sera à la fois le point final d’une expérience sensible et le point de départ d’une nouvelle vision de l’oeuvre. Poser un regard technique sur l’orchestration est une chose, vivre l’oeuvre dans son émotion en est une autre. Ici, il importe peu de discerner les éventuelles faiblesses de l’interprétation ou les éventuelles astuces que la soliste a employées pour contourner une difficulté ou pour magnifier son jeu. Le sentiment perçu et l’émotion ressentie sont au final la seule chose sur laquelle j’aimerais attirer votre attention.

Dans ce concerto, la relation entre le premier violon et l’orchestre est très forte. Ils ne s’accordent pas dans un même élan pour former un ensemble cohérent qui nous donne l’impression de parler d’une seule voix. Au contraire, ici la soliste et l’orchestre se répondent pour que chacun puisse donner de la texture à cette relation singulière qui unit ou sépare la voix du violon et celle de l’orchestre. Et c’est sans doute pour cela que les deux interprétations sont très différentes entre celle de d’Hilary Hahn et celle de Julia Fischer. Tchaikovsky laisse paraître un concerto de facture romantique dont le souffle se nourrit autant de la tradition musicale occidentale que de la tradition musicale russe. A ce titre, Julia Fischer nous donnera une meilleure idée de l’esprit russe. Celle d’Hilary Hahn se situe plus dans un esprit occidental. En somme, un esprit un peu plus à l’est ou un peu plus à l’ouest! Mais les deux m’ont offert une impression remarquable.

Julia Fischer va mettre l’accent sur l’aspect du romantisme qui s’associe pleinement avec l’idée du drame inhérent à tous les élans de la destinée humaine. Les mélodies sont pleines de promesses, empruntes de délicatesses. Mais dans le même mouvement, elle modère, elle tempère, elle contient toutes formes d’artifices ostentatoires qui pourraient faire perdre à son phrasé cet espèce de fragilité ténue qui la rend délicate mais sans perdre de sa force, à la fois claire et triste. Le soliste nous donne dans l’humain, l’orchestre nous répond avec le monde pour repère. Et ce monde là est à l’évidence un monde slave où la joie n’est jamais absente d’une certaine fatalité.

Hilary Hahn se pose dans un registre plus latin et anglo-saxon. Elle nous tisse un maillage d’accords colorés, contrastés et le tout dans un mélange étonnant de rondeur et de précision. Les envolées sont toniques et les descentes nous précipitent dans une sorte de sentiment nostalgique. Elle arrondit son archet sans l’égarer dans les remords d’une tragédie irrésolue. Le dialogue entre la soliste et l’ensemble concertant s’engage donc dans un jeu de promesses qui joue sur l’attirance et la répulsion, l’exaltation et la désespérance, la connivence et l’indifférence. Le soliste nous donne aussi dans l’humain, mais l’orchestre ne lui répond pas sur le registre du monde, il nous laisse entendre la voix de la raison ou, si vous préférez, de la déraison humaine.

Les deux interprétations du concerto de Tchaïkovsky nous dévoilent deux visages de Tchaïkovsky. A mon sens, elles sont complémentaires et nous montrent à loisir qu’une oeuvre musicale forte peut supporter les grands écarts interprétatifs.

Jean

Pour servir mes propos, je vous propose d’écouter nos deux solistes dans l’interprétation du caprice N°24 de Paganini. L’une comme l’autre me semble techniquement irréprochable. Dés lors, nous avons tout loisir d’entendre et pourquoi pas de comprendre ce que chacune apporte de personnelle dans la lecture et l’interprétation d’une partition musicale. C’est la part de subjectivité inévitable et souhaitable quand il s’agit de jouer une oeuvre musicale. Il y a Paganini et son oeuvre musicale ainsi que l’interprète et son instrument. La conjonction des quatre nous offrent une expression commune qui n’en demeure pas moins singulière et unique.

Hilary Hahn.

Julia Fischer.

Evidemment, l’enregistrement publique d’Hilary Hahn altère la qualité sonore de sa prestation à la différence de Julia Fischer qui nous offre ici un enregistrement studio.

 

Sites officiels.

Julia Fischer à la Médiathèque. Julia Fischer
Hilary Hahn à la Médiathèque. Hilary Hahn
Yakov Kreizberg à la MédiathèqueYakov Kreizberg
Vasily Pentrenko à la MédiathèqueVasily Petrenko
Site d’Hilary Hahnhttp://www.hilaryhahn.com
Site de Julia Fischerhttp://www.juliafischer.com
Deutsche Grammophon :http://www.deutschegrammophon.com
Pentaton Classics :http://www.pentatonemusic.com/
Site de l’orchestre National de Russie : http://www.russianarts.org/rno/index.cfm
Site de l’orchestre philarmonique royal de Liverpoolhttp://www.liverpoolphil.com

Quelques conseils pour l’entretien de son violon & choix des cordes.

Didacool (France) : http://didacool.free.fr/violon/cordes.htm
Alienorlutherie (France) : http://www.alienorlutherie.com
Bernard Sabatier (France) : http://www.violonarchet.com

Quelques adresses de Luthier en Belgique et autres.

Portail de la lutherie (Européen)http://portail.lutherie.free.fr
Thomas Bertrand (Belgique) : http://www.bertrand-luthier.com
Gauthier Loupe (Belgique) : http://www.gauthierlouppe.com
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Antoni Jassogne (Belgique)http://www.ramifications.be
François Louant (Belgique) : http://www.lutherie.biz
Hervé Prudent (France)http://www.instrument-lutherie.com
Yann Besson (France)http://www.yannbesson.com
Bodo Vossenrich (France)http://www.violin-neolin.com