Présenté comme une pochette de vinyl, ce coffret retrace l’intégrale des enregistrements d’Howlin’ Wolf comprenant 4 cd sur le label Chess Records de 1951 à 1960. Ces dix années représentent la dernière tranche de vie active de cette légende du blues.
De son vrai nom Chester <Arthur Burnett, Howlin’ Wolf (qui doit ce surnom à sa voix rauque et puissante) à suivi le parcours classique des bluesmen afro-américains, enfance et jeunesse malheureuses, passées la plupart du temps dans les champs de coton avec comme seule échappatoire la guitare et les complaintes de la vie au quotidien. Le but ici n’est pas de se lamenter sur les dérives de la politique raciste et discriminatoire de l’époque mais bien de s’émerveiller devant ce coffret.
Un témoignage unique d’un patrimoine qui influença de nombreux artistes comme les Rolling Stones, Eric Clapton ou encore les Doors. On retiendra évidemment les morceaux ‘Smokestack Lightning’, ‘Little Red Rooster’ et ‘Back Door Man’ mais c’est surtout l’ensemble de son oeuvre qui attire. Guitare électrique et chant, Howlin’ Wolf sera un précurseur du Chicago Blues et l’un des rares bluesmen à connaître le succès de son vivant.
Mais à l’instar des vedettes du cinéma muet lors du passage au cinéma parlant, il disparaître toutefois du paysage musical avec l’arrivée du rock n’ roll. Howlin’ Wolf n’en reste pas moins un des personnages les influents du blues et ce ce coffret en est un magnifique témoignage.
Ras Madi étant malade, le concert n’aura malheureusement pas lieu.
Ras Madi est né en Côte D’Ivoire mais a grandi au Burkina Faso, pays de ses ancêtres.
Dès son plus jeune âge, il a découvert la musique à travers les rituels et les sacrifices du village. Son univers musical est donc empreint de spiritualité et de philosophie qui nous font voyager dans le passé. A travers son album Yingré (racine), Ras Madi nous expliquera sa musique, son monde, son pays et ses instruments. Une occasion pour nous ouvrir au monde et sa richesse culturelle.
« Back form the brink: Pre-revolution psychedelic rock from iran:1973 -1979″
L’histoire musicale de l’iranien Kourosh Yaghmaei commence le jour où son père lui offre un santour – sorte de cithare sur table – dont il raffola tout de suite. Il l’étudia en long et en large pendant des années en suivant des cours de musique traditionnelle. Pendant l’adolescence, il découvre la musique occidentale et en est fasciné. « The Ventures », le groupe rock américain célèbre notamment pour son morceau « Hawai Five-o », devient la référence du jeune Kourosh qui en est encore grand fan à l’heure actuelle. C’est tout naturellement qu’à l’époque, il monta un premier groupe qu’il appela « The Raptures » et dont les titres étaient des reprises de son groupe préféré. D’autres musiciens comme les Beatles, les Kinks, les Rolling Stones ou les Monkees pour ne citer qu’eux, ont grandement influencé et nourri le groupe iranien. Au fur et à mesure, c’est Kourosh lui-même qui compose la musique de ses morceaux. Combinant des instruments occidentaux tels que guitares (acoustique et électrique), guitare basse et des paroles en persan, le mélange qu’il nous offre est exceptionnel! Introductions orientales, effets wah-wah, longues mélodies répétitives, sont autant d’ingrédients qui rendent l’ensemble saisissant, incontournable. Une fois écouté, il est difficile de décrocher.
L’époque où Kourosh Yaghmaei pouvait jouer et profiter de son statut de musicien et de « rock star » est toutefois bel et bien révolue. Dès 1979 et l’instauration islamique, lui et bien d’autres furent censurés. Malgré la passion qui l’anime encore aujourd’hui, il y a peu de chance de le voir sur scène. Il aurait dû donner son tout premier concert en France fin 2011 mais le ministère de la Culture iranien l’a menacé de ne plus pouvoir retourner dans son pays… Le label Now Again vient de sortir un double-album retraçant les années florissantes de 1973 à 1976 de Kourosh Yaghmaei. L’objet est beau, truffé de photos et d’informations (en anglais) données par le chanteur lui-même et où on peut le voir arborant fièrement une moustache imposante, les cheveux longs et de grosses lunettes « mouche » dans le style seventies. (Référence: MX 1942)
concerto pour violon en ré majeur Opus 35 de Tchaikovsky (Références médiathèque DT3292 et DT3295).
Elles ont le bon goût d’avoir à peu près le même âge et de posséder deux violons d’exceptions entre leurs mains expertes. Mon oreille de néophyte se fera un plaisir de vous raconter tout ce que leur interprétation respective ont pu susciter de joie et d’émotions. D’un côté nous retiendrons le nom de Julia Fischer et de l’autre celui de Hilary Hahn. L’une servie par l’orchestre national de Russie sous la direction de Yakov Kreizberg et l’autre par l’orchestre philharmonique royal de Liverpool sous la direction de Vasily Petrenko. Pour Julia Fischer un violon du maître-luthier Giovanni Battista Guadagnini de 1750 et pour Hilary Hahn un violon du maître-luthier Jean-Baptiste Vuillaume de 1864.
Voilà pour les noms, passons aux émotions! Avant tout, je dirais qu’il n’y a pas de comparaison qualitative souhaitable. Nous sommes devant deux interprétations différentes, deux lectures de l’oeuvre qui pourraient convenir à telle sensibilité ou à telle autre. Je dirais même que notre état d’esprit, au moment de l’écoute, nuancera inévitablement la qualité finale de ce réseau interprétatif. Il engage l’ensemble de tous les intervenants au sein d’une seule et unique perception de l’oeuvre. C’est-à-dire la nôtre. Se mettre en écoute d’un discours, c’est mettre en jeu la somme de toutes nos expériences sensibles, émotionnelles et intellectuelles pour lui rendre une signification qui sera à la fois le point final d’une expérience sensible et le point de départ d’une nouvelle vision de l’oeuvre. Poser un regard technique sur l’orchestration est une chose, vivre l’oeuvre dans son émotion en est une autre. Ici, il importe peu de discerner les éventuelles faiblesses de l’interprétation ou les éventuelles astuces que la soliste a employées pour contourner une difficulté ou pour magnifier son jeu. Le sentiment perçu et l’émotion ressentie sont au final la seule chose sur laquelle j’aimerais attirer votre attention.
Dans ce concerto, la relation entre le premier violon et l’orchestre est très forte. Ils ne s’accordent pas dans un même élan pour former un ensemble cohérent qui nous donne l’impression de parler d’une seule voix. Au contraire, ici la soliste et l’orchestre se répondent pour que chacun puisse donner de la texture à cette relation singulière qui unit ou sépare la voix du violon et celle de l’orchestre. Et c’est sans doute pour cela que les deux interprétations sont très différentes entre celle de d’Hilary Hahn et celle de Julia Fischer. Tchaikovsky laisse paraître un concerto de facture romantique dont le souffle se nourrit autant de la tradition musicale occidentale que de la tradition musicale russe. A ce titre, Julia Fischer nous donnera une meilleure idée de l’esprit russe. Celle d’Hilary Hahn se situe plus dans un esprit occidental. En somme, un esprit un peu plus à l’est ou un peu plus à l’ouest! Mais les deux m’ont offert une impression remarquable.
Julia Fischer va mettre l’accent sur l’aspect du romantisme qui s’associe pleinement avec l’idée du drame inhérent à tous les élans de la destinée humaine. Les mélodies sont pleines de promesses, empruntes de délicatesses. Mais dans le même mouvement, elle modère, elle tempère, elle contient toutes formes d’artifices ostentatoires qui pourraient faire perdre à son phrasé cet espèce de fragilité ténue qui la rend délicate mais sans perdre de sa force, à la fois claire et triste. Le soliste nous donne dans l’humain, l’orchestre nous répond avec le monde pour repère. Et ce monde là est à l’évidence un monde slave où la joie n’est jamais absente d’une certaine fatalité.
Hilary Hahn se pose dans un registre plus latin et anglo-saxon. Elle nous tisse un maillage d’accords colorés, contrastés et le tout dans un mélange étonnant de rondeur et de précision. Les envolées sont toniques et les descentes nous précipitent dans une sorte de sentiment nostalgique. Elle arrondit son archet sans l’égarer dans les remords d’une tragédie irrésolue. Le dialogue entre la soliste et l’ensemble concertant s’engage donc dans un jeu de promesses qui joue sur l’attirance et la répulsion, l’exaltation et la désespérance, la connivence et l’indifférence. Le soliste nous donne aussi dans l’humain, mais l’orchestre ne lui répond pas sur le registre du monde, il nous laisse entendre la voix de la raison ou, si vous préférez, de la déraison humaine.
Les deux interprétations du concerto de Tchaïkovsky nous dévoilent deux visages de Tchaïkovsky. A mon sens, elles sont complémentaires et nous montrent à loisir qu’une oeuvre musicale forte peut supporter les grands écarts interprétatifs.
Jean
Pour servir mes propos, je vous propose d’écouter nos deux solistes dans l’interprétation du caprice N°24 de Paganini. L’une comme l’autre me semble techniquement irréprochable. Dés lors, nous avons tout loisir d’entendre et pourquoi pas de comprendre ce que chacune apporte de personnelle dans la lecture et l’interprétation d’une partition musicale. C’est la part de subjectivité inévitable et souhaitable quand il s’agit de jouer une oeuvre musicale. Il y a Paganini et son oeuvre musicale ainsi que l’interprète et son instrument. La conjonction des quatre nous offrent une expression commune qui n’en demeure pas moins singulière et unique.
Hilary Hahn.
Julia Fischer.
Evidemment, l’enregistrement publique d’Hilary Hahn altère la qualité sonore de sa prestation à la différence de Julia Fischer qui nous offre ici un enregistrement studio.
Avec « With love » le dernier album de Yom, on voyage dans des contrées inconnues. Tout dans cet album est découverte. Tout commence par une surprenante pochette empruntée à l’univers des comics où Yom apparaît en super-héros ainsi que ses comparses les « Wonder Rabbis ».
Que ce soient par des mélodies psychédéliques, des morceaux rock, nos quatre fantastiques, à coups de clarinette, de basse, batterie, clavier répandent une aura nouvelle dans le monde de la musique klezmer. Difficile de résister à cet album expérimental, moderne qui respecte toutefois la tradition. Mission accomplie!
Présentation du dépôt consacré aux expressions musicales et cinématographiques norvégiennes.
Après une approche du mouvement black metal norvégien, nous souhaitons aborder la diversité de ce pays.
Cette mise en évidence consacrée à la Norvège vous propose un état des lieux des expressions musicales et audio-visuelles d’un pays. Inutile de préciser qu’il ne s’agit pas de tendre à l’exhaustivité ! La Médiathèque, depuis longtemps, prospecte, s’informe, et essaie de dégager de tous ses achats les musiques, les films qui proposent des formes d’expression audacieuses. Expressions en recherche, d’avant-garde… Peu importe la terminologie utilisée.
Nous essayons de coller à une certaine actualité avec la volonté d’inclure les artistes qui nous semblent avoir marqué les champs artistiques d’une empreinte singulière. Pour ce focus Norvège, nous nous faisons l’écho d’une manifestation consacrée aux artistes (plasticiens, musiciens,…) norvégiens intitulée Norway Now. Cela se déroule à Bruxelles jusqu’au 25 mai prochain, principalement au Bozar, mais des événements parallèles ont lieu également à l’Ancienne Belgique.
Dans cette mise en évidence, vous retrouverez les incontournables, les médiatiques. Qu’il s’agisse du domaine de la pop (Röyksopp, Kings of convenience,…) du jazz (Jan Garbarek, Niels Peter Molvaer,…) de la musique classique (Edvard Grieg) ou traditionnelle (Mari Boine). Mais au-delà de ces noms, ceux qui, malgré une reconnaissance au sein de leur champs musical, ne reçoivent pas l’attention, l’accompagnement critique nécessaire, et ne touchent que des publics « niches ». Nous vous proposons ainsi un parcours bis.
En ce qui concerne plus spécifiquement le jazz norvégien, nous pourrions conclure après l’écoute de ses nombreux représentants présents sur le label ECM (Garbarek, Rypdal, Molvaer,…) que, le jazz norvégien possède comme caractéristiques : froideur épurée, formes élaborées esthétiquement et très composées, introspection, relaxation, évanescence. Une approche musicale qui serait en quelque sorte un prolongement de l’esthétique des paysages nordiques. Cliché ! En effet, parmi la scène jazz norvégienne, on peut aussi trouver du nerf, de la tension, de la révolte, un choix pour l’inconfortable, l’essai, l’improvisation…
Afin d’évoquer cet te autre approche du jazz, d’avantage en filiation avec le free jazz européen et américain, nous avons choisi de vous présenter un des batteurs ayant marqué les dernières années : Paal Nilssen-Love. Nous comptons à la Médiathèque déjà une centaine d’enregistrements auxquels il a participé. Nous le retrouvons autant parmi des formations free européennes, qu’avec de musiciens américains. Au sein de grandes formations (le 10tet de Peter Brötzmann) comme en duo ou en exercice solo . Notons parmi les nombreuses rencontres : Ken Vandermark, Peter Brötzmann, Evan Parker, Mats Gustafsson, Joe McPhee, Sonic Youth, The Ex, …
Autre musicien norvégien d’improvisation : le contrebassiste Ingebrigt Haker-Flaten qui a d’ailleurs souvent été complice de Nilssen-Love.
Deux labels norvégiens à la production abondante et variée sont mis à l’honneur : Smalltown (Supersound et Superjazz) et Rune Grammofon.
Au rayon des musiques en recherche : Maja Solveig Kjelstrup Ratkje a rapidement fasciné ou déstabilisé par son travail principalement axé sur la voix. Elle tient une place particulière, assise entre compositions d’œuvres orchestrales, musique bruitiste (notamment avec son compatriote Lasse Marhaug présent dans notre dépôt), musique électronique, électro-acoustique, improvisation (elle a déjà joué en concert avec la contrebassiste Joëlle Léandre)….
Côté cinéma, quelques rares productions éditées en DVD («Factotum » , « Norway of life », « Nord », et le film d’animation « Grand prix ») viendront compléter ce parcours norvégien.
Infos:
Ce rassemblement de médias « made in Norway » sera accessible à Charleroi jusqu’au 5 mai.
Samedi 9 avril : conférence sur le black metal norvégien proposée par notre collègue Jean De Lacoste dans nos locaux. Elle sera suivie par la projection du documentaire « Pure Fucking Mayhem » (bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=7J0AgElrTiY )
C’est par ses nouvelles teintées d’humour noir destinées aux adultes que Roald Dahl s’est d’abord fait connaître; mais son succès, il le doit à ses enfants. C’est en leur racontant des histoires le soir pour les aider à s’endormir (mais aussi parce que ça devait sûrement beaucoup l’amuser) qu’il créa « James et la Grosse pêche ». Depuis la première parution en 1961, le succès de Roald Dahl ne s’est jamais démenti. More »