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« Effets spéciaux : 2 siècles d’histoire »

« Effets spéciaux : 2 siècles d’histoire »

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« Effets spéciaux : 2 siècles d’histoire » de Pascal Pinteau. 2015, Bragelonne.

Disponible dans les bibliothèques « L’Avenir » à Gosselies et « Rimbaud » à Charleroi.

« La bible des effets spéciaux » : voilà un qualificatif qui n’est pas galvaudé pour cette somme extraordinaire, considérée comme la référence ultime en la matière, car cet ouvrage francophone n’a aucun équivalent en anglais. Complet et très pointu, il n’en reste pas moins plaisant à lire, d’article en article, au gré des découvertes et des envies.

Pascal Pinteau explore dans le premier chapitre les origines des effets spéciaux en allant les chercher en dehors des studios de cinéma, avec les stroboscopes, les spectacles d’illusions et automates montrés dans les foires. S’ensuit un bel hommage au cinéaste-magicien Georges Méliès.

Le second chapitre est consacré à ses successeurs jusqu’à aujourd’hui, ainsi qu’à tous les effets techniques créés pour éblouir les spectateurs : découpage et remontage de pellicule, maquettes, matte painting (peinture de décors)… jusqu’à la révolution numérique.

L’ensemble du livre est ponctué d’entretiens réalisés par l’auteur auprès de grands artistes des effets spéciaux tel que Ray Harryhausen, dont les animations images par images incrustées pour « Jason et les Argonautes » continuent d’impressionner 50 ans après leur création, ainsi que Douglas Trumbull à qui l’on doit les décors peints de « 2001, l’odyssée de l’espace ».

Le troisième chapitre évoque l’animation, qu’elle soit classique (peinture sur celluloïds), stop-motion, numérique ou relevant d’autres procédés. Ainsi, un focus sur les marionnettes de Ladislas Starewitch nous fait découvrir les ressorts d’imagination dont il pouvait faire preuve.
Disney-Pixar n’est bien entendu pas oublié et un long dossier sur les studios Aardman, créateurs de « Wallace et Gromit », vient enrichir ce chapitre, ainsi qu’un détour par l’animation japonaise, si particulière et onirique.

Le quatrième chapitre est dédié aux techniques de maquillage de cinéma, aux costumes et autres animatronics. Le lecteur découvrira les séances de maquillage infernales subies par les acteurs du film « Le magicien d’Oz », au point de mettre leur vie en danger, et des explications détaillées sur la création des dinosaures taille réelle dotés de mouvements de Jurassic Park.

Les productions télévisuelles ne sont pas en reste avec le cinquième chapitre, grâce aux productions américaines (Superman, la quatrième dimension) et anglaises comme Quatermass, qui fut la première série originale créée pour la télévision, Doctor Who, Chapeau melon et bottes de cuir…
Viennent ensuite les créations de Gerry Anderson, avec ses marionnettes de « Thunderbirds – les sentinelles de l’air », mais aussi ses séries live avec Cosmos 1999. C’est l’ère des maquettes et l’apogée de la science-fiction à la télévision grâce à Star Trek et Stargate. Pour rester dans le domaine des marionnettes, une longue interview de Jim Henson, créateur de Kermit et des autres protagonistes de tissus du Muppet Show, nous révèle les secrets de fabrication du marionnettiste de génie. Les séries modernes ne sont pas oubliées, et les dragons de Game of Thrones viennent nous montrer toute l’imagination dont les créateurs peuvent encore faire preuve à l’heure actuelle.

Inédit par rapport à la première édition, un sixième chapitre dédié aux parcs à thèmes vient enrichir l’ouvrage, et la boucle et bouclée : les effets spéciaux modernes ont étés inventés par des forains, et ce sont les forains qui les réutilisent dans des attractions sensationnelles aux quatre coins du monde. Les parcs Disneyland en sont l’un des plus beaux exemples, avec des bijoux comme « Pirates des Caraïbes » où tous les personnages sont animés par la mécanique.

Pour conclure, il s’agit d’un ouvrage indispensable pour tout cinéphile, sublimé par ses 2500 images, une brique de 850 pages suffisamment lourde pour peser sur nos rêves.

Pour prolonger la découverte, vous pouvez retrouver les quelques titres suivants dans le catalogue ( http://charleroi-hd.tv/bibliotheques ) des diverses bibliothèques du réseau de Charleroi :

« Nos séries télé 70-80 » de A. Raveleau et J. Roulet. Hors collection, Paris : Place des éditeurs, 2012
« Le cinéma 3-D: Histoire, économie, technique, esthétique » de M. Barnier et K. Kitsopanidou, Paris : Armand Colin, 2015
« Savoir tout faire avec Photoshop : montages et effets spéciaux » de Julien Debove, col. Savoir tout faire avec photoshop, Paris : Oracom, 2011
« Techniques du latex : moulages, empreintes et reproductions, maquillage et effets spéciaux, marionnettes, objets de cinéma, prothèses, décoration, costumes » de J.-P. Delpech, M.-A. Figueres et N. Mari, Paris : Eyrolles, 1997
« La peur au cinéma » de E. Siety, col. Atelier cinéma, Arles : Actes Sud/La cinémathèque française, 2006
« Le cinéma d’animation en 100 films » sous la direction de Xavier Kawa-Topor et Philippe Moins, Paris : Capricci, 2016
« Stop motion : [n.] Technique d’animation image qui crée le mouvement par des arrêts et des reprises répétés de la caméra » de Barry Purves, Paris : Pyramyd, 2011

Marie Devigne
Réseau des bibliothèques de Charleroi

« Atlas : Comment va le monde ? »

« Atlas : Comment va le monde ? »

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Atlas : comment va le monde ? de Laure Flavigny, Jessie Magana, Aurélie Boissière et Séverine Assous. 2016, Actes Sud Jeunesse.

Il est des livres qui offrent aux enfants une ouverture sur le monde, et ce grand atlas, fruit de la collaboration de quatre femmes, auteures, illustratrices et géographes, en fait partie. Nul doute que les parents seront heureux de le lire également, car tout ce que petits et grands y découvriront sera matière à débattre en famille !

Avec ses illustrations humoristiques et pleines de bon sens, il attire déjà l’œil, et l’on s’amuse à dénicher les détails cachés dans les dessins. Le fond est à la hauteur : dans un langage simple, chaque double-page est l’occasion d’y trouver une carte du monde développée autour d’un thème précis, et un texte explicatif clair et concis qui nous donne envie d’en savoir plus … En tout, ce sont 22 cartes qui vous feront tantôt voyager à travers les cultures du monde (« Qu’est-ce qu’on mange ? » « Comment on danse ? »), tantôt réfléchir sur l’actualité (« Est-ce qu’il y a de l’eau potable partout ? ») et rêver l’avenir de la planète (« Vivra-t-on un jour sans pétrole ? »), le tout réuni dans un format hors-norme et élégant, représentant les humains dans toute leur diversité.

Après une introduction concernant les objectifs du livre et une explication simple des projections cylindrique et azimutale, nous entrons directement dans le vif du sujet avec une carte à propos de la densité de population. Ainsi, chaque région est représentée par des bonhommes, plus ou moins grands selon le peuplement. On peut remarquer que les deux plus grands personnages sont une indienne en sari et un sumo. Ce dernier nous offre un zoom sur son pays, dont la capitale Tokyo, est la plus peuplée du monde.

Toutes les autres cartes sont du même acabit, et mettent en exergue les inégalités nord-sud aussi bien que les enjeux écologiques. La répartition des richesses est symbolisée par des cochons-tirelires, bien gras pour les pays riches, complètement brisés pour les pays pauvres. Détail piquant, certains cochons donnent des coups de pattes aux personnages : certains pays riches ont une population très pauvre !

Cet humour et cette lucidité reviennent tout au long des cartes, en traitant de sujets aussi divers que l’égalité homme-femme, la migration, la mondialisation en suivant le parcours de confection d’un jean, l’accès à l’eau potable, l’implantation de l’ONU, mais aussi les conflits actuels et leurs conséquences.

Viennent ensuite les thèmes plus légers, sur les nourritures typiques des différents pays, la scolarisation, l’accès à internet, les religions et leurs lieux saints, la pratique des sports, les danses traditionnelles, les différentes façons de dire « je t’aime » dans toutes les langues, ce qui donne l’occasion aux auteures de mettre en lumière les différences de traitement des homosexuels dans le monde.

L’avenir se dessine avec les questions de notre siècle : pourra-t-on vivre sans pétrole ? C’est l’occasion de voir de quels pays dépendent les autres, mais aussi les emplacements des centrales nucléaires. Que deviendra la nature ? une liste restreinte des animaux en danger à cause de la détérioration de leur milieu est dressée. Les dernières cartes abordent le traitement des déchets et les changements climatiques et ce en quoi la face du monde en sera changée et la répartition des langues dans le monde.

L’Atlas se referme sur une projection du globe terrestre en forme de cœur, évoquant les solutions mises en place dans différentes parties du monde pour faire face aux défis de demain, du nettoyage des océans aux épiceries solidaires, de la cause de l’éducation des filles portée par Malala à la République des enfants. Pleins de beaux projets pour voir l’avenir par le prisme de l’optimisme !

En ouvrant ce livre, c’est une citation d’Antoine de Saint-Exupéry extraite du Petit Prince qui accueillait le lecteur : « Et la géographie, c’est exact, m’a beaucoup servi. Je savais reconnaître, du premier coup d’œil, la Chine de l’Arizona. C’est très utile, si l’on est égaré pendant la nuit. » Je songe en le refermant qu’il est bien vrai que cet ouvrage est très utile, si l’on est égaré parmi les questions que nous pose notre monde.

Marie Devigne