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« Atlas : Comment va le monde ? »

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Atlas : comment va le monde ? de Laure Flavigny, Jessie Magana, Aurélie Boissière et Séverine Assous. 2016, Actes Sud Jeunesse.

Il est des livres qui offrent aux enfants une ouverture sur le monde, et ce grand atlas, fruit de la collaboration de quatre femmes, auteures, illustratrices et géographes, en fait partie. Nul doute que les parents seront heureux de le lire également, car tout ce que petits et grands y découvriront sera matière à débattre en famille !

Avec ses illustrations humoristiques et pleines de bon sens, il attire déjà l’œil, et l’on s’amuse à dénicher les détails cachés dans les dessins. Le fond est à la hauteur : dans un langage simple, chaque double-page est l’occasion d’y trouver une carte du monde développée autour d’un thème précis, et un texte explicatif clair et concis qui nous donne envie d’en savoir plus … En tout, ce sont 22 cartes qui vous feront tantôt voyager à travers les cultures du monde (« Qu’est-ce qu’on mange ? » « Comment on danse ? »), tantôt réfléchir sur l’actualité (« Est-ce qu’il y a de l’eau potable partout ? ») et rêver l’avenir de la planète (« Vivra-t-on un jour sans pétrole ? »), le tout réuni dans un format hors-norme et élégant, représentant les humains dans toute leur diversité.

Après une introduction concernant les objectifs du livre et une explication simple des projections cylindrique et azimutale, nous entrons directement dans le vif du sujet avec une carte à propos de la densité de population. Ainsi, chaque région est représentée par des bonhommes, plus ou moins grands selon le peuplement. On peut remarquer que les deux plus grands personnages sont une indienne en sari et un sumo. Ce dernier nous offre un zoom sur son pays, dont la capitale Tokyo, est la plus peuplée du monde.

Toutes les autres cartes sont du même acabit, et mettent en exergue les inégalités nord-sud aussi bien que les enjeux écologiques. La répartition des richesses est symbolisée par des cochons-tirelires, bien gras pour les pays riches, complètement brisés pour les pays pauvres. Détail piquant, certains cochons donnent des coups de pattes aux personnages : certains pays riches ont une population très pauvre !

Cet humour et cette lucidité reviennent tout au long des cartes, en traitant de sujets aussi divers que l’égalité homme-femme, la migration, la mondialisation en suivant le parcours de confection d’un jean, l’accès à l’eau potable, l’implantation de l’ONU, mais aussi les conflits actuels et leurs conséquences.

Viennent ensuite les thèmes plus légers, sur les nourritures typiques des différents pays, la scolarisation, l’accès à internet, les religions et leurs lieux saints, la pratique des sports, les danses traditionnelles, les différentes façons de dire « je t’aime » dans toutes les langues, ce qui donne l’occasion aux auteures de mettre en lumière les différences de traitement des homosexuels dans le monde.

L’avenir se dessine avec les questions de notre siècle : pourra-t-on vivre sans pétrole ? C’est l’occasion de voir de quels pays dépendent les autres, mais aussi les emplacements des centrales nucléaires. Que deviendra la nature ? une liste restreinte des animaux en danger à cause de la détérioration de leur milieu est dressée. Les dernières cartes abordent le traitement des déchets et les changements climatiques et ce en quoi la face du monde en sera changée et la répartition des langues dans le monde.

L’Atlas se referme sur une projection du globe terrestre en forme de cœur, évoquant les solutions mises en place dans différentes parties du monde pour faire face aux défis de demain, du nettoyage des océans aux épiceries solidaires, de la cause de l’éducation des filles portée par Malala à la République des enfants. Pleins de beaux projets pour voir l’avenir par le prisme de l’optimisme !

En ouvrant ce livre, c’est une citation d’Antoine de Saint-Exupéry extraite du Petit Prince qui accueillait le lecteur : « Et la géographie, c’est exact, m’a beaucoup servi. Je savais reconnaître, du premier coup d’œil, la Chine de l’Arizona. C’est très utile, si l’on est égaré pendant la nuit. » Je songe en le refermant qu’il est bien vrai que cet ouvrage est très utile, si l’on est égaré parmi les questions que nous pose notre monde.

Marie Devigne

 

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